Renault au Maroc, l’industrie carbure et les ventes suivent

Renault Group Maroc a produit près de 200 000 véhicules dans ses usines de Tanger et de Casablanca au premier semestre 2026. Le groupe conserve aussi sa première place sur le marché national avec 49 820 ventes et 37,8 % de part de marché. Derrière ces volumes, le constructeur renforce surtout l’intégration industrielle et prépare la production locale de la Dacia Sandero hybride.
Renault Group Maroc maintient son poids dans l’industrie et le commerce automobile national. À fin juin 2026, ses deux usines ont produit 199 948 véhicules. Ce volume reste presque stable par rapport au premier semestre 2025, avec une progression limitée à 0,1 %.
Cette stabilité intervient dans un contexte de renouvellement des gammes et de préparation de nouvelles motorisations. Le groupe a lancé la fabrication des versions actualisées des Dacia Sandero, Sandero Stepway, Logan et Jogger. Il prévoit également de produire la Sandero hybride à Tanger au second semestre.
Sur le plan commercial, Renault Group Maroc a vendu 49 820 véhicules au cours des six premiers mois de l’année. Il détient ainsi 37,8 % du marché automobile marocain. Dacia et Renault conservent respectivement les deux premières places du classement des marques.
Tanger porte l’export, Casablanca alimente le marché local
L’usine de Tanger demeure le principal moteur industriel du groupe au Maroc. Le site a produit 151 493 véhicules au premier semestre, en hausse de 0,4 %. Il en a exporté 143 862, soit 95 % de sa production.
La Somaca de Casablanca a assemblé 48 455 véhicules, un volume en recul de 1 %. Près de la moitié de cette production, soit 23 396 unités, a été destinée à l’exportation. Le reste a principalement servi à répondre à la demande du marché national.
Au total, les deux usines ont exporté 167 258 véhicules, soit 84 % de leur production. Ces résultats confirment la double fonction du dispositif marocain. Tanger reste largement orientée vers les marchés internationaux, tandis que Casablanca conserve un rôle important dans l’approvisionnement local.
La performance ne se mesure toutefois plus seulement au nombre de véhicules produits. Renault Group Maroc cherche aussi à renforcer les compétences d’ingénierie présentes dans le Royaume. Pour la première fois, les équipes marocaines ont participé au développement et à la réalisation des prototypes des nouvelles gammes Dacia avant leur passage en production.
Plus de 1 000 collaborateurs ont bénéficié d’un programme de formation lié à cette opération. Cette évolution constitue un changement notable. Les sites marocains ne se limitent plus à l’assemblage. Ils interviennent désormais plus tôt dans le processus d’industrialisation.
L’intégration locale devient le principal enjeu industriel
L’écosystème Renault Group Maroc a généré 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires de sourcing local en 2025. Ce montant progresse de 4,5 % par rapport à 2024. Le taux d’intégration locale, hors mécanique, atteint 67,3 %.
Le groupe vise désormais 3 milliards d’euros d’achats locaux et un taux d’intégration de 75 % à l’horizon 2030. Cette ambition suppose de renforcer le réseau de fournisseurs et d’attirer de nouvelles activités à plus forte valeur ajoutée.
L’enjeu dépasse Renault. Une hausse de l’intégration locale peut bénéficier aux équipementiers, aux entreprises de logistique, aux métiers de l’ingénierie et aux sous-traitants implantés autour de Tanger, Kénitra et Casablanca.
Elle réduit également la dépendance aux composants importés. Dans une industrie exposée aux variations des coûts logistiques, des devises et des chaînes d’approvisionnement, cette profondeur locale devient un facteur de compétitivité.
La future production de la Sandero hybride à Tanger ajoute une nouvelle dimension. Elle inscrit progressivement l’outil industriel marocain dans la stratégie d’électrification du groupe. Le communiqué ne précise cependant ni les volumes prévus ni les marchés de destination de cette version.
Cette information sera déterminante pour évaluer la portée réelle du projet. Une production hybride importante pourrait ouvrir de nouvelles perspectives aux fournisseurs locaux, notamment dans l’électronique, la gestion de l’énergie et les composants liés aux motorisations électrifiées.
Dacia et Renault dominent toujours le marché marocain
Le leadership industriel de Renault Group Maroc s’accompagne d’une domination commerciale. Dans un marché automobile national en hausse de 17,6 %, le groupe a écoulé 49 820 véhicules au premier semestre.
Dacia reste la première marque du Royaume. Elle a vendu 27 140 véhicules, soit une progression de 15,2 %. Sa part de marché s’établit à 20,6 %.
La Logan conserve la tête des ventes avec 10 901 unités. La Sandero suit avec 10 020 immatriculations. Le Duster occupe la septième place avec 3 982 ventes.
Renault se classe deuxième avec 22 680 véhicules vendus. Ses ventes progressent de 11,8 % et sa part de marché atteint 17,2 %. L’Express occupe la troisième place du marché avec 7 065 unités, devant la Clio, quatrième avec 6 928 ventes. Le Kardian se classe sixième avec 5 390 unités.
Au total, six modèles du groupe figurent parmi les dix véhicules les plus vendus au Maroc. Cette concentration illustre la puissance du réseau et la bonne implantation des modèles produits localement. Elle souligne aussi la capacité du groupe à couvrir plusieurs segments, de la citadine au SUV en passant par l’utilitaire.
Renault a lancé quatre nouveaux modèles au premier semestre, le Master, le Captur, la Clio et le Rafale. Le groupe prévoit de poursuivre cette offensive avec l’arrivée du Boreal au second semestre. Ce SUV du segment C doit renforcer la présence de la marque sur une catégorie devenue centrale dans les stratégies commerciales des constructeurs.
Renault Group Maroc aborde donc la deuxième moitié de l’année avec trois priorités. Maintenir ses volumes industriels, défendre sa part de marché et approfondir l’intégration locale. La production de la Sandero hybride servira de premier test à cette nouvelle étape. Elle permettra surtout de mesurer la capacité de l’écosystème marocain à monter en gamme dans une industrie automobile en pleine transformation.







