Dacia Sandriders en mission au Maroc pour verrouiller la course aux titres mondiaux

Le Rallye du Maroc 2026 s’annonce comme un rendez-vous charnière pour les Dacia Sandriders. Leaders des classements Pilotes, Navigateurs et Constructeurs du Championnat du monde FIA de rallye-raid, les hommes de la marque arrivent entre Agadir et Zagora avec un double objectif. Défendre leur avantage au championnat et prolonger une série de deux victoires consécutives sur le sol marocain.
Le Maroc est devenu bien davantage qu’une étape du calendrier pour les Dacia Sandriders. Depuis leur première participation en 2024, ils n’y ont jamais été battus. Nasser Al-Attiyah avait offert à la structure sa première victoire dans le Royaume cette année-là. Sébastien Loeb lui a succédé en 2025. Pour l’édition 2026, organisée du 29 septembre au 3 octobre, l’équipe vise donc un troisième succès consécutif.
Mais derrière la quête du triplé se joue surtout une partie beaucoup plus stratégique. Après trois des cinq manches de la saison, Dacia mène les trois classements du W2RC. Sébastien Loeb occupe la première place chez les pilotes avec 114 points, seulement trois unités devant Nasser Al-Attiyah. Édouard Boulanger dispose du même avantage sur Fabian Lurquin chez les navigateurs. Du côté des constructeurs, les Dacia Sandriders totalisent 315 points, devant Toyota Gazoo Racing W2RC avec 250 points et Ford Racing avec 161 points.
Le Maroc, juge de paix avant la dernière ligne droite
La configuration du championnat donne au Rallye du Maroc une importance particulière. L’épreuve constitue l’avant-dernière manche de la saison et arrive à un moment où chaque point peut peser lourd dans la conquête des titres.
Dacia peut s’appuyer sur un début d’exercice solide. Nasser Al-Attiyah et Fabian Lurquin se sont imposés sur le Dakar en janvier. Sébastien Loeb et Édouard Boulanger ont ensuite remporté le Rally-Raid Portugal en mars. En Argentine, lors du Desafío Ruta 40, Al-Attiyah a pris la troisième place et Loeb la quatrième, permettant à l’équipe de prolonger une série de podiums entamée lors de l’Abu Dhabi Desert Challenge 2025.
Cette régularité explique la position de force actuelle des Sandriders. Elle ne garantit toutefois rien au Maroc, où le terrain impose traditionnellement autant de vitesse que de maîtrise de la navigation et de gestion mécanique.
Tiphanie Isnard, Team Principal des Dacia Sandriders, insiste d’ailleurs sur cette prudence. Elle rappelle que l’équipe arrive au Maroc en tête des trois championnats, mais estime que la priorité reste de préserver ces positions. Son message est clair. Malgré deux succès consécutifs sur cette épreuve, rien n’est acquis dans une discipline où une erreur de navigation ou un incident technique peuvent bouleverser le classement.
Loeb et Al-Attiyah séparés par trois points
La bataille sportive comporte également une dimension interne. Sébastien Loeb et Nasser Al-Attiyah sont séparés par seulement trois points au championnat.
Pour Loeb, vainqueur au Maroc en 2025, l’objectif consiste d’abord à conserver son avance. Le Français reconnaît que la marge reste extrêmement réduite. Il se souvient également d’une édition précédente conclue par une victoire, mais marquée par une alerte dans la Power Selective Section après un waypoint manqué.
Al-Attiyah arrive avec une ambition différente. Le Qatari, vainqueur du Rallye du Maroc 2024 avec Dacia, veut réduire son retard sur son équipier. Sa troisième place en Argentine lui a permis de rester pleinement dans la course au titre.
Le troisième Dacia Sandrider sera confié à Lucas Moraes. Le Brésilien, sacré champion du monde lors du Rallye du Maroc la saison dernière, entame une nouvelle collaboration avec le navigateur espagnol Pablo Moreno.
Cette recomposition intervient après le départ de Cristina Gutiérrez, membre de l’équipe depuis sa création en 2024. Pablo Moreno, qui naviguait auparavant à ses côtés, remplace Dennis Zenz aux côtés de Moraes. Pour le duo, le Maroc servira donc également de laboratoire grandeur nature avant la dernière manche de la saison.
D’Agadir à Zagora, un terrain stratégique pour Dacia
Le parcours 2026 totalise 2 524 kilomètres, dont 1 575 kilomètres de secteurs chronométrés. Le rallye s’élancera d’Agadir le 29 septembre avant de rejoindre Zagora, qui accueillera les quatre journées suivantes. La quatrième étape sera la plus longue avec 384 kilomètres chronométrés. L’arrivée est programmée le 3 octobre.
Le choix du Maroc dépasse ici le seul cadre sportif. Pour Dacia, marque fortement implantée dans le paysage automobile marocain, une présence de premier plan sur une compétition internationale organisée dans le Royaume constitue aussi un puissant outil d’image.
Le rallye-raid permet de mettre en avant des notions de robustesse, d’endurance et de maîtrise des environnements difficiles, autant de valeurs compatibles avec le positionnement historique de la marque. Dans un marché marocain où la sensibilité au prix reste forte mais où les automobilistes accordent également une importance croissante à la fiabilité et à la polyvalence, cette exposition sportive nourrit un territoire de communication cohérent.
Les trois véhicules engagés utiliseront par ailleurs le carburant durable fourni par Aramco et seront équipés de pneumatiques BFGoodrich. Pour Dacia, cette dimension permet également d’associer le programme sportif aux réflexions plus larges sur la réduction de l’empreinte environnementale du sport automobile.
Avec Loeb, Al-Attiyah et Moraes, les Sandriders disposent surtout d’un trio capable de jouer aux avant-postes. Le Rallye du Maroc dira désormais si cette densité sportive peut se transformer en avantage décisif dans la course aux trois couronnes mondiales.
Une chose est déjà acquise. Entre Agadir et Zagora, Dacia ne viendra pas seulement défendre deux années d’invincibilité. La marque jouera une partie importante de sa saison mondiale sur un terrain qui est progressivement devenu l’un de ses principaux marqueurs sportifs.







