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Marché automobile: rebond en septembre après le coup de frein d’août au Maroc

Août avait marqué un premier vrai ralentissement. Septembre remet le marché en mouvement, sans pour autant retrouver les cadences du début d’année.

Selon les statistiques de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM), 21.030 véhicules neufs ont été immatriculés en septembre, contre 20.264 un an plus tôt. La hausse ressort à 3,8 %, après seulement 0,9 % en août. Le rebond est donc visible, mais reste mesuré au regard des progressions à deux chiffres enregistrées durant plusieurs mois du premier semestre.

Sur les neuf premiers mois de 2026, le bilan demeure nettement positif. Le marché totalise 188.495 immatriculations, en progression de 13 % par rapport à la même période de 2025. Il reste ainsi orienté vers une nouvelle année de croissance, même si la comparaison devient plus exigeante face au record de 235.372 véhicules établi l’an dernier.

Les voitures particulières repartent, mais de justesse

Le premier changement par rapport à août concerne les voitures particulières.

Après un recul de 2,2 % le mois précédent, les VP repassent dans le vert en septembre avec 18.161 unités, soit une hausse limitée à 1 % sur un an. Le signal est positif, mais il ne traduit pas un véritable redémarrage du segment. Il confirme plutôt une stabilisation après le creux estival.

Sur le cumul janvier-septembre, les voitures particulières atteignent 165.764 unités, en progression de 12 %. Elles représentent déjà 79,4 % du volume réalisé sur l’ensemble de 2025.

Leur poids relatif dans le marché continue néanmoins de s’éroder. Les VP représentent 87,9 % des ventes à fin septembre, contre 88,7 % à fin juin, 88,5 % à fin juillet et 88,1 % à fin août. Cette baisse est moins le signe d’un affaiblissement brutal des voitures particulières que celui d’une croissance plus rapide des utilitaires.

Les VUL gardent une longueur d’avance

Les véhicules utilitaires légers restent le segment le plus dynamique du marché.

Avec 2.869 immatriculations en septembre, les VUL progressent de 25,6 % sur un an et signent leur meilleur mois depuis le début de 2026. Leur part atteint 13,6 % du marché mensuel.

Sur neuf mois, 22.731 unités ont été écoulées, soit une hausse de 20,5 %. Les VUL pèsent désormais 12,1 % du marché total, contre une part moindre au début de l’année.

L’AIVAM relie cette dynamique à l’investissement des entreprises et des professionnels. Les statistiques d’immatriculations ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’isoler les motivations d’achat. Elles montrent en revanche clairement que le marché professionnel résiste mieux que celui des particuliers depuis le début de l’été.

En août déjà, les VUL avaient progressé de 22,1 % alors que les VP reculaient. Septembre prolonge donc cette tendance.

L’électrification gagne encore du terrain

La recomposition du marché se lit également dans les motorisations.

À fin septembre, les véhicules électrifiés représentent 17,8 % des immatriculations VP, contre 11,4 % un an auparavant. Leur volume atteint 29.522 unités, soit une progression de 74,4 %. En septembre seul, leur part monte à 20,7 %, après 22 % en août.

La progression est nette, mais elle reste principalement portée par les différentes formes d’hybridation.

Les hybrides classiques totalisent 11.821 immatriculations depuis janvier et représentent 7,1 % du marché VP. Les hybrides rechargeables atteignent 9.438 unités, soit 5,7 % de part de marché. Leur progression atteint 120,3 % sur un an.

Septembre constitue d’ailleurs un record mensuel pour ces deux catégories : 1.522 HEV et 1.294 PHEV ont été immatriculés.

Le diesel, lui, continue de perdre du terrain. Sa part descend à 63,5 % sur neuf mois, contre un peu plus de 71 % un an plus tôt. L’essence se situe à 18,7 %.

Le basculement vers le 100 % électrique reste, en revanche, beaucoup plus lent. Les BEV totalisent 1.497 unités à fin septembre, soit 0,9 % du marché VP. Les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie, ou REEV, atteignent 1.917 unités. Ensemble, ces deux technologies représentent 2,1 % des voitures particulières immatriculées depuis le début de l’année.

Le marché marocain s’électrifie donc progressivement, mais pour l’instant surtout par l’hybride.

Les marques chinoises consolident leurs positions

Autre tendance qui ne faiblit pas : la progression des marques chinoises.

Sur les neuf premiers mois de l’année, 21 marques d’origine chinoise totalisent 19.635 immatriculations VP. Leur part de marché atteint 11,8 %, contre 5,8 % sur la même période de 2025. Les volumes ont ainsi plus que doublé, avec une hausse de 130,5 %.

En septembre, ces marques réalisent 2.539 immatriculations, soit 14 % du marché VP. C’est légèrement moins que le record de 15,2 % observé en août, mais 76,7 % de plus qu’en septembre 2025.

Sur neuf mois, BYD arrive en tête des marques chinoises avec 3.264 unités, devant MG à 2.172 et Chery à 1.889.

L’intérêt du chiffre est surtout ailleurs. En août, les marques chinoises avaient continué à progresser alors même que le marché VP reculait. En septembre, elles conservent une part élevée malgré le retour du segment en territoire positif. Leur progression ne dépend donc plus uniquement de l’expansion globale du marché : elle traduit aussi des gains de parts de marché.

Le record de 2025 reste à portée

Avec 188.495 véhicules immatriculés depuis janvier, le marché a déjà réalisé 80,1 % du volume total enregistré en 2025.

Pour égaler le record de l’année dernière, il lui reste 46.877 unités à immatriculer au quatrième trimestre. À titre de comparaison, octobre, novembre et décembre 2025 avaient totalisé 68.518 unités.

Le dépassement du record reste donc possible sur le plan arithmétique. Mais la trajectoire du second semestre invite à davantage de prudence.

Septembre montre que le coup de frein d’août n’a pas débouché sur une contraction durable. Il montre aussi que le marché n’avance plus partout au même rythme. Les voitures particulières progressent peu, les utilitaires restent nettement plus dynamiques, les motorisations électrifiées prennent des parts et les marques chinoises continuent de s’installer.

Le marché automobile marocain reste en croissance. Mais après l’accélération du premier semestre, la rentrée confirme une phase plus sélective, dans laquelle la composition de la demande compte désormais autant que le volume global.


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