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Marché automobile, août marque le premier vrai coup de frein

Le marché automobile marocain a presque calé en août 2026. Selon les dernières statistiques de l’AIVAM, les ventes de véhicules neufs ont atteint 14.979 unités, soit une progression limitée à 0,9% sur un an, le rythme le plus faible depuis le début de l’année. Plus révélateur encore, les voitures particulières reculent pour la première fois en 2026, tandis que les VUL, l’électrification et les marques chinoises continuent de soutenir le marché.

Août n’a pas cassé la dynamique automobile marocaine. Il l’a brutalement ralentie.

Après plusieurs mois de croissance soutenue, le marché automobile national entre dans une phase plus délicate. En août 2026, les ventes de véhicules neufs ont atteint 14.979 unités, contre 14.851 unités un an plus tôt. La progression ressort à seulement 0,9%. C’est le plus faible rythme de croissance mensuelle enregistré depuis le début de l’année.

Le signal est d’autant plus important que les voitures particulières, principal moteur du marché, passent dans le rouge. Elles reculent de 2,2% sur un an, avec 12.716 unités vendues. À l’inverse, les véhicules utilitaires légers poursuivent leur progression, avec 2.263 unités, soit une hausse de 22,1%.

Ce contraste résume tout le mois d’août : le marché ralentit, mais il ne s’effondre pas. Il change de moteur.

Le cumul reste solide

Sur les huit premiers mois de 2026, le marché reste largement positif. Les immatriculations VP et VUL totalisent 167.465 unités, en hausse de 14,2% par rapport à janvier-août 2025. Les voitures particulières atteignent 147.603 unités, en progression de 13,5%, tandis que les VUL montent à 19.862 unités, soit +19,8%.

La dynamique annuelle reste donc favorable. Mais août introduit une nuance importante. Après +16,7% en juin puis +5,2% en juillet, la croissance tombe sous la barre de 1%. Le marché reste au-dessus de son niveau de 2025, mais il avance désormais dans un environnement plus exigeant.

La raison tient en partie à la base de comparaison. L’année 2025 avait été historique, avec 235.372 immatriculations. À partir du second semestre, le marché 2026 ne se compare donc plus à une année ordinaire. Il se mesure à un millésime record.

Les VP marquent le pas

Le recul des voitures particulières est le principal événement du mois. Depuis janvier, ce segment tirait la croissance. En août, il baisse pour la première fois en glissement annuel. Ce repli intervient après le pic de juin, où les VP avaient atteint 24.649 unités, puis après le ralentissement déjà visible de juillet.

La part des VP dans le marché global recule également. Elle représente 88,1% du marché à fin août, contre 88,7% à fin juin et 88,5% à fin juillet. La baisse reste limitée, mais la tendance est claire : le poids des véhicules particuliers s’érode légèrement au profit des utilitaires.

Ce mouvement ne signifie pas que la demande des ménages disparaît. Il indique plutôt une normalisation. Les clients restent présents, mais les arbitrages deviennent plus sensibles. Prix, financement, délais, motorisations et disponibilité des modèles pèsent davantage sur la décision d’achat.

Les VUL amortissent le ralentissement

Les véhicules utilitaires légers jouent le rôle d’amortisseur. Avec +22,1% en août et +19,8% sur huit mois, ils affichent une dynamique plus robuste que les voitures particulières. Leur part dans le marché global atteint désormais 11,9%.

Cette progression traduit le regain d’investissement des entreprises et des professionnels. Elle renvoie aussi à des besoins concrets : transport, logistique, commerce, services, livraison, tourisme et petites activités. Dans un mois où les VP reculent, les VUL permettent au marché total de rester en territoire positif.

C’est l’un des enseignements forts d’août. La croissance automobile ne repose plus uniquement sur l’achat particulier. Elle dépend aussi de la demande professionnelle et de la capacité des entreprises à renouveler ou renforcer leurs parcs.

L’électrification continue d’avancer

Le ralentissement du marché thermique contraste avec la progression des véhicules électrifiés. Sur le cumul janvier-août 2026, les motorisations électrifiées représentent 17,4% des immatriculations VP, contre 10,9% un an plus tôt. Le gain atteint 6,5 points en un an.

En volume, les véhicules électrifiés totalisent 25.755 unités, soit une hausse de 81%. Mais là encore, la lecture doit être précise. L’électrification ne signifie pas uniquement 100% électrique. Elle regroupe les HEV, PHEV, MHEV, BEV et REEV.

Le marché marocain avance donc surtout par étapes. Les hybrides classiques totalisent 10.299 unités, soit 6,98% des VP. Les hybrides rechargeables atteignent 8.144 unités, avec 5,52% de part de marché. Les mild-hybrides dépassent 4.350 unités, à 2,95%.

Le diesel reste dominant, mais son recul est net. Il représente 63,85% des VP à fin août 2026, contre 71,77% un an plus tôt. L’essence, de son côté, atteint 18,70%. Le marché reste donc majoritairement thermique, mais sa structure évolue rapidement.

Le 100% électrique reste marginal

La nuance est essentielle. Même si les électrifiés atteignent 17,4% du marché VP, le 100% électrique ne change pas encore d’échelle. À fin août, les BEV totalisent 1.337 unités, soit 0,91% du marché VP. Les REEV, véhicules électriques à prolongateur d’autonomie, atteignent 1.619 unités, soit 1,10%.

Ensemble, BEV et REEV représentent donc 2,0% du marché VP. Le chiffre progresse, mais il reste modeste. Il montre que le client marocain s’ouvre à l’électrification, sans basculer massivement vers une dépendance totale à la recharge.

Cette réalité renforce l’intérêt des technologies intermédiaires. L’hybride simple, le mild-hybrid, le PHEV et le REEV répondent à une demande de transition. Ils permettent de réduire la consommation, de moderniser l’offre et de rassurer sur l’autonomie.

Les marques chinoises captent la croissance restante

L’autre fait marquant vient des marques chinoises. Alors que le marché VP recule en août, elles continuent de progresser fortement. Sur le cumul janvier-août 2026, 21 marques chinoises totalisent 17.096 immatriculations VP, soit 11,6% du marché. Un an plus tôt, elles représentaient 5,4%, avec 7.080 unités.

La progression atteint 141,5%. Mais le chiffre le plus spectaculaire concerne août : les marques chinoises réalisent 1.935 immatriculations, soit 15,2% des VP du mois. C’est un nouveau record mensuel.

Ce point change la lecture du marché. Les marques chinoises ne progressent plus seulement parce que le marché monte. Elles gagnent du terrain même lorsque le segment VP recule. Elles captent donc une part importante de la croissance résiduelle et accentuent la pression sur les marques installées.

Leur percée repose sur plusieurs leviers : élargissement de l’offre, montée en puissance des SUV, électrification, rapport prix-équipement et agressivité commerciale. Le marché marocain devient ainsi un terrain de confrontation plus direct entre marques historiques et nouveaux entrants asiatiques.

Une rentrée à surveiller

Août 2026 ne doit pas être lu comme une rupture. Le marché reste en hausse sur huit mois et dépasse désormais les 165.000 unités. Mais ce mois marque une inflexion. Pour la première fois de l’année, la progression mensuelle tombe sous 1% et les VP reculent en glissement annuel.

La rentrée de septembre sera donc déterminante. Elle permettra de voir si août n’était qu’un mois de transition, marqué par la saisonnalité et une base de comparaison exigeante, ou le début d’un ralentissement plus durable.

Les signaux sont contrastés. Les VUL restent dynamiques. Les électrifiés progressent. Les marques chinoises accélèrent. Mais les VP thermiques montrent des signes de fatigue et le marché entre dans une partie plus difficile de l’année.

La croissance automobile marocaine n’a pas disparu. Elle devient simplement plus sélective. Et dans cette nouvelle phase, les gagnants seront ceux qui sauront combiner prix, financement, disponibilité, technologie, réseau et confiance.


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