
Le marché automobile marocain poursuit sa progression en mai 2026 avec 23.037 véhicules neufs écoulés, soit une hausse de 2,81% sur un an. Derrière ce ralentissement relatif, le cumul des cinq premiers mois reste solide, porté par les véhicules utilitaires, l’essor des motorisations électrifiées et la percée continue des marques chinoises. Source : communiqué AIVAM de mai 2026.
Le marché automobile marocain avance toujours, mais le rythme change. Après une année 2025 qualifiée d’historique par l’AIVAM, avec 235.372 immatriculations, les ventes de véhicules neufs continuent de s’inscrire dans une trajectoire positive en 2026. En mai, le marché totalise 23.037 unités, contre 22.407 un an plus tôt, soit une progression de 2,81%. La hausse reste réelle, mais elle apparaît moins spectaculaire que celle observée sur les premiers mois de l’année.
Sur la période janvier-mai, la dynamique demeure plus robuste. Le marché atteint 104.555 unités, en croissance de 17,8% par rapport aux 88.728 véhicules écoulés sur la même période en 2025. Ce franchissement du seuil des 100.000 unités en cinq mois confirme la profondeur de la reprise, mais pose aussi la question de la capacité du marché à maintenir ce rythme face à une base de comparaison désormais élevée, à un pouvoir d’achat toujours sous pression et à une concurrence de plus en plus agressive ?
Les utilitaires tirent la croissance mensuelle
Dans le détail, les voitures particulières restent très largement dominantes. Elles totalisent 20.270 immatriculations en mai 2026, représentant l’essentiel du marché. Leur progression mensuelle ressort toutefois limitée, à +0,1% selon le tableau de l’AIVAM. Sur cinq mois, les VP atteignent 92.153 unités, en hausse de 17,8%.
Le signal le plus net vient des véhicules utilitaires légers. Les VUL progressent à 2.767 unités en mai, soit une hausse de 27,9% sur un an. Sur le cumul janvier-mai, ils totalisent 12.402 immatriculations, en croissance de 18,3%. Ce segment, souvent plus sensible aux décisions d’investissement des entreprises, donne une indication intéressante sur l’activité des professionnels, des artisans, des logisticiens et des PME.
Cette progression des utilitaires n’est pas anodine. Elle peut traduire un renouvellement progressif des flottes, mais aussi l’adaptation des entreprises à une demande plus exigeante en matière de livraison, de mobilité commerciale et de services de proximité. Pour les distributeurs, les VUL constituent également un relais de marge et de fidélisation, notamment via le financement, l’entretien et les contrats de flotte.
L’électrification sort du marché de niche
Le changement le plus structurant concerne les motorisations. Sur les cinq premiers mois de 2026, les véhicules électrifiés — hybrides, hybrides rechargeables, mild hybrid, électriques purs et REEV — représentent 17,18% des immatriculations de voitures particulières, contre 10,34% en 2025 et 6,24% en 2024. En volume, ils atteignent 15.830 unités.
Cette progression marque une inflexion importante. L’électrification n’est plus seulement un argument d’image réservé aux modèles premium ou aux premiers utilisateurs. Elle devient un axe commercial central, porté par l’élargissement de l’offre, l’arrivée de nouveaux modèles asiatiques, la recherche d’économies de carburant et l’évolution des attentes des clients urbains.
Les hybrides classiques restent bien installés avec 6.267 unités, soit 6,80% du marché VP. Mais la poussée la plus spectaculaire vient des hybrides rechargeables, qui atteignent 4.844 unités et 5,26% de part de marché. Les mild hybrid progressent également, avec 2.918 unités et 3,17% du marché. Cette technologie, moins coûteuse et plus facile à intégrer dans des modèles de grande diffusion, répond mieux aux contraintes du consommateur sensible au prix d’achat, à la disponibilité, à l’absence de dépendance forte aux bornes de recharge et à l’usage mixte urbain-routier.
L’électrique pur reste encore modeste, avec 869 unités, soit 0,94% des VP. Les véhicules à prolongateur d’autonomie, ou REEV, apparaissent comme une nouvelle catégorie avec 932 unités et 1,01% du marché. Leur développement mérite d’être suivi, car ils peuvent constituer une solution de transition dans un pays où l’infrastructure de recharge progresse, mais reste inégalement répartie.
Le diesel, lui, demeure majoritaire avec 59.419 unités et 64,48% des VP. Mais sa part recule nettement par rapport aux 82,57% enregistrés en 2024. La bascule n’est donc pas brutale, mais elle est engagée.
Les marques chinoises changent les rapports de force
Autre enseignement majeur : la montée des marques chinoises. Selon l’AIVAM, 20 marques d’origine chinoise totalisent 10.477 immatriculations de voitures particulières entre janvier et mai 2026, soit 11,4% du marché, contre 4,5% un an plus tôt. En mai seul, elles atteignent 2.439 unités, soit 12% des VP du mois.
Cette percée modifie l’équation concurrentielle. Les marques chinoises arrivent avec des gammes souvent bien équipées, des designs plus affirmés, des motorisations électrifiées et des politiques tarifaires offensives. Pour les importateurs historiques, le défi ne porte plus seulement sur le prix. Il touche aussi la disponibilité produit, la garantie, le financement, la valeur résiduelle et la capacité du réseau à rassurer le client.








