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Voitures électrifiées : la route des vacances remet les pendules à l’heure

Green NCAP a passé au crible plusieurs modèles dans un scénario très concret : un trajet familial de 800 km, avec quatre passagers, des bagages, la climatisation et une conduite en majorité sur autoroute. Verdict : la meilleure voiture pour voyager n’est pas forcément celle qui embarque la plus grosse batterie ou le plus grand réservoir. Efficience réelle, autonomie utile et temps de recharge changent complètement la lecture. Un enseignement qui vaut aussi pour le Maroc, où certains modèles cités sont déjà commercialisés, mais où le réseau de recharge reste beaucoup moins dense qu’en Europe.

Green NCAP ramène le débat automobile sur un terrain très concret : celui des vacances en famille. L’organisme indépendant a analysé les performances de plusieurs voitures dans un scénario de 800 km, mêlant autoroute, routes secondaires et usage urbain, avec quatre occupants, des bagages et la climatisation en fonctionnement. Autrement dit, une situation beaucoup plus proche de la vraie vie qu’un simple chiffre d’autonomie affiché sur une brochure. L’étude apporte une idée simple, mais importante : voyager efficacement ne dépend pas seulement de la taille de la batterie, ni de la capacité du réservoir. Une voiture peut afficher une autonomie séduisante sur le papier et se montrer moins convaincante dans la réalité si elle consomme trop, recharge lentement ou impose des arrêts trop longs.

Le vrai juge, c’est l’usage
Le grand enseignement de Green NCAP tient dans cette nuance. Pour un long trajet, la meilleure voiture n’est pas forcément la plus grosse, la plus puissante ou la plus généreuse en batterie. Ce qui fait la différence, c’est l’équilibre entre consommation, autonomie utile et temps de recharge. La Mercedes-Benz CLA EQ 250+ sort ainsi en tête des véhicules électriques pour le road trip familial. Selon l’analyse, elle affiche la plus faible consommation des modèles électriques testés sur ce parcours, avec 16,5 kWh/100 km, et une autonomie estimée à 605 km sur une seule charge.

Pour boucler les 800 km simulés, Green NCAP estime qu’environ 14 minutes de recharge rapide suffisent. Ce résultat montre qu’une grande batterie ne garantit pas automatiquement un voyage plus simple. Une voiture plus efficiente peut finalement réduire les contraintes, même face à des modèles plus imposants. Le poids, l’aérodynamique, la largeur des pneus ou encore la résistance au roulement peuvent pénaliser les grands SUV électriques, pourtant souvent présentés comme les compagnons naturels des longs trajets.

Les compactes électriques progressent, mais imposent encore de planifier
L’étude distingue aussi la Renault 5 E-Tech parmi les petites électriques. Avec sa batterie de 52 kWh, sa consommation de 19,9 kWh/100 km et une autonomie de 296 km dans les conditions du test, elle apparaît comme une option efficiente et accessible pour les familles prêtes à organiser leurs pauses. Mais elle rappelle aussi les limites des citadines et compactes électriques sur les très longues distances.

Green NCAP estime qu’il faudrait environ 80 minutes de recharge au total pour accomplir le trajet de 800 km. Ce n’est pas rédhibitoire, surtout si les arrêts sont intégrés au rythme du voyage. Mais cela suppose un réseau dense, fiable et disponible. Ce point est essentiel lorsqu’on transpose le sujet au Maroc. La Renault 5 E-Tech fait partie des modèles qui intéressent déjà notre marché. Mais les conditions d’usage ne sont pas les mêmes qu’en Europe. Là où un conducteur européen peut compter sur un maillage plus développé de bornes rapides, l’automobiliste marocain doit encore composer avec un réseau moins étendu, particulièrement en dehors des principaux axes et des grandes villes.

Volvo EX30, la polyvalence électrique
Autre modèle pertinent dans cette lecture, le Volvo EX30. Green NCAP le présente comme un crossover électrique compact plus pratique pour les familles ayant besoin de davantage d’espace. Sur le même trajet de 800 km, la version Extended Range nécessiterait environ 59 minutes de recharge au total, avec une autonomie de 344 km. Le EX30 offre donc un compromis intéressant entre format compact, habitabilité plus confortable que certaines petites électriques et exigences de recharge encore raisonnables. Pour un marché comme le Maroc, où Volvo commercialise également ce type de modèle, cette question du compromis est centrale. L’électrique peut séduire, mais il doit rester compatible avec les week-ends, les vacances et les trajets interurbains. La question n’est donc pas seulement de savoir si un modèle est efficient. Elle est aussi de savoir si l’écosystème local permet d’exploiter cette efficience sans stress.

Hybrides, l’avantage de la simplicité
Pour les familles qui ne sont pas encore prêtes à passer au 100% électrique, Green NCAP met en avant le Toyota C-HR comme hybride le plus économique de son analyse. Testé en version hybride, le SUV compact a consommé 5,7 l/100 km sur le trajet simulé, avec une autonomie estimée à 754 km grâce à son réservoir de 43 litres. Cette performance explique pourquoi l’hybride garde une place importante dans des marchés en transition. Il réduit la consommation, limite les contraintes de recharge et rassure sur les longs trajets.

Au Maroc, où le C-HR est également présent, ce type de proposition conserve donc une pertinence particulière, surtout pour les clients qui veulent réduire leur consommation sans changer radicalement leurs habitudes. Le Dacia Bigster ressort, lui, comme le meilleur hybride familial spacieux. Avec 5,9 l/100 km sur le parcours et une autonomie estimée à 847 km, il pourrait accomplir les 800 km sans ravitaillement. C’est un argument fort pour les familles qui privilégient l’espace, le coffre et la tranquillité sur longue distance.

Le Maroc avance, mais surtout par l’hybride
Le parallèle avec le Maroc est intéressant parce que plusieurs modèles cités par Green NCAP, ou leurs équivalents proches, sont déjà présents sur notre marché : Renault 5, Volvo EX30, Toyota C-HR, Dacia Bigster ou encore Seat Ibiza, même si cette dernière est commercialisée chez nous en version Diesel. Mais la lecture doit être nuancée. En juin dernier, la pénétration des véhicules électrifiés au Maroc avoisinait 17% des ventes de voitures particulières. Ce chiffre confirme une vraie évolution du marché. Mais il ne signifie pas que le 100% électrique a déjà changé d’échelle.

Les BEV et les REEV ne représentent encore qu’environ 2% du marché VP. L’essentiel de cette électrification repose donc encore sur les hybrides classiques, les hybrides rechargeables et les mild-hybrides. Cette nuance est essentielle. Le marché marocain s’électrifie, mais il ne bascule pas encore massivement vers le tout-électrique. Il avance par étapes, avec des technologies de transition qui rassurent les clients sur l’autonomie, le coût d’usage et la simplicité au quotidien. C’est aussi ce qui distingue le Royaume de l’Europe. Sur le Vieux Continent, le débat peut davantage se concentrer sur l’efficience, le temps de recharge et le nombre d’arrêts.

Au Maroc, une autre variable reste déterminante : la disponibilité réelle des bornes, leur puissance, leur fiabilité et leur répartition géographique. Le réseau de recharge n’est pas encore aussi étendu qu’en Europe, notamment en dehors des principaux axes et des grandes villes. Dans ce contexte, les hybrides gardent un avantage pratique évident. Ils permettent de réduire la consommation sans imposer au conducteur une dépendance totale à l’infrastructure de recharge. À l’inverse, les modèles 100% électriques les plus efficients, comme ceux mis en avant par Green NCAP, montrent certes le potentiel de la technologie. Cependant, leur usage longue distance au Maroc reste encore fortement lié au développement du réseau.

Le plus grand réservoir ne fait pas toujours le meilleur voyage
L’étude de Green NCAP a le mérite de déplacer le débat. Elle ne classe pas seulement les voitures selon leur technologie. Elle relève leur capacité à répondre à un usage précis : transporter une famille sur 800 km, avec du confort, de l’efficience et le moins de contraintes possible. Cette approche est utile pour les consommateurs. Elle montre que le choix d’une voiture doit être lié à l’usage réel. Pour un conducteur urbain, une compacte électrique peut être largement suffisante. Pour une famille qui voyage souvent, le temps de recharge et l’autonomie sur autoroute deviennent décisifs. Pour un automobiliste marocain qui circule régulièrement entre villes ou régions, le maillage des infrastructures reste un critère aussi important que la fiche technique du véhicule. Au fond, la bonne voiture n’est pas forcément celle qui promet le plus. C’est celle qui correspond le mieux au trajet, au pays, au réseau et au rythme de vie de son conducteur.

Green NCAP, de quoi parle-t-on ?

Green NCAP est un organisme indépendant associé à Euro NCAP, spécialisé dans l’évaluation environnementale des véhicules. Ses tests mesurent notamment la consommation réelle d’énergie, les émissions, l’autonomie, les performances de recharge et la durabilité globale. L’intérêt de ses analyses est de dépasser les chiffres constructeurs pour observer le comportement des voitures dans des conditions plus proches de l’usage quotidien. Dans cette étude, Green NCAP a simulé un trajet familial de 800 km avec quatre passagers, des bagages, la climatisation et une forte part d’autoroute.

Moulay Ahmed Belghiti / Les Inspirations ÉCO AUTOMOBILE


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