ACTU

Ventes automobiles : le premier trimestre dépasse les attentes

Après un léger tassement en février, le marché automobile marocain a repris de l’élan en mars pour boucler le premier trimestre 2026 sur une hausse de 22,3%. Une performance jugée supérieure aux prévisions du secteur, portée à la fois par la poursuite de la demande des particuliers, le redémarrage des achats des entreprises et l’élargissement continu de l’offre.

Le marché automobile marocain confirme sa bonne orientation au terme du premier trimestre 2026. Selon les statistiques de l’AIVAM, les immatriculations de véhicules neufs ont atteint 58.901 unités à fin mars, contre 48.172 un an auparavant, soit une progression de 22,3%. Le seul mois de mars s’est inscrit dans la même tendance, avec 21.337 véhicules vendus, en hausse de 22,4% par rapport à mars 2025. Cette performance intervient après un mois de février plus modéré, qui n’avait enregistré qu’une progression de 8%, après l’envolée observée en janvier.

Mars relance le rythme
Pour Abdelouahab Ennaciri, le mois de mars marque clairement une reprise. Le fléchissement observé en février apparaît ainsi comme une parenthèse plus que comme un changement de cap. Le président de l’AIVAM révèle, aux Inspirations ÉCO, que le marché retrouve, à partir de mars, une dynamique plus soutenue, en ligne avec la tendance générale de ce début d’année.

Cette reprise s’explique notamment par le retour plus affirmé de la demande professionnelle. Le mois de mars correspond traditionnellement à une phase où les loueurs commencent à renouveler ou à renforcer leurs flottes, tandis que les entreprises, une fois leurs bilans clôturés, relancent leurs investissements automobiles. À ce mouvement s’ajoute la poursuite des achats des particuliers, qui restent bien orientés.

Les entreprises reviennent à l’achat
Cette demande plus active des professionnels se reflète particulièrement dans le segment des véhicules utilitaires légers. En mars, celui-ci a progressé de 33,7% sur un an, à 2.408 unités, soit davantage que les véhicules particuliers, qui ont augmenté de 21,2% à 18.929 unités. Pour Abdelouahab Ennaciri, cette évolution reflète directement l’activité économique. La progression du VUL est liée aux besoins des entreprises, à la poursuite des chantiers, aux investissements et, plus largement, aux exigences de mobilité du tissu productif.

Le segment apparaît ainsi comme un bon révélateur de l’état de l’activité. À fin mars, les ventes de VUL atteignent 6.886 unités, en hausse de 16,5%. Fiat domine le segment avec 1.164 unités, devant Hyundai (752), Ford (627) et Dongfeng (617). Le trimestre se distingue surtout par la forte poussée de Dongfeng (+211,6%) et de Hyundai (+112,4%), tandis que Renault accuse le repli le plus marqué, avec une baisse de 57,2% et une perte de plus de 15 points de part de marché.

Renault gagne du terrain
Sur les véhicules particuliers, les positions de tête restent dominées par les marques historiques. Dacia conserve la première place à fin mars avec 11.814 unités, suivie de Renault avec 9.642 unités. En mars également, les deux marques restent nettement devant le reste du marché, avec respectivement 4.287 et 3.875 immatriculations. Derrière cette stabilité apparente, les écarts se creusent.

Renault affiche l’une des plus fortes progressions parmi les grands acteurs du marché, avec +35,6% à fin mars et un gain de 1,71 point de part de marché. Dacia, malgré son leadership, voit au contraire sa part reculer, de 1,43 point sur le cumul et de 5,66 points sur le seul mois de mars. Peugeot reste bien positionnée avec 3.195 unités à fin mars, en hausse de 19,3%, tandis que Citroën, Nissan et Skoda progressent également. À l’inverse, plusieurs marques reculent nettement. Hyundai signe la baisse la plus importante parmi les grands volumes du marché VP, avec -18,8% à fin mars et une perte de 3,61 points de part de marché. Opel évolue également en retrait sur le trimestre.

Les nouvelles marques montent en régime
Autre fait saillant de ce premier trimestre : l’accélération de nouvelles marques, en particulier chinoises, dont la présence devient plus visible dans les statistiques. Abdelouahab Ennaciri souligne que les marques lancées au cours du dernier trimestre 2025 communiquent désormais massivement.

Cette forte présence sur le paysage médiatique alimente, selon lui, la dynamique de consommation automobile en renforçant la visibilité de l’offre et en multipliant les alternatives pour les acheteurs. Les chiffres confirment cette montée en régime. Sur le segment VP, BYD atteint 930 unités à fin mars, en hausse de 152,7%. Chery progresse à 474 unités (+404,3%) et MG à 603 unités (+93,3%).

D’autres acteurs comme Jetour, Lynk & Co, Deepal, Jaecoo ou Omoda émergent désormais à des niveaux tangibles. La marque Soueast se distingue particulièrement par un gain de 1,11 point de part de marché à fin mars. Cette progression ne bouleverse pas encore la hiérarchie du marché, qui reste dominée par les grandes marques établies, mais elle contribue à redistribuer la croissance entre un nombre plus large d’acteurs.

Un climat économique plus porteur
Pour le président de l’AIVAM, la bonne tenue du marché s’inscrit dans un environnement économique plus favorable. Les mêmes ressorts qui soutenaient déjà la progression du secteur continuent d’opérer cette année : amélioration graduelle des revenus, effets de certaines mesures touchant le pouvoir d’achat, bonne tenue du tourisme, retour des pluies et regain de confiance autour des perspectives agricoles et économiques.

Dans cette lecture, la consommation automobile apparaît comme le reflet d’un climat général plus confiant. La progression du marché ne se limite donc pas à une dynamique propre au secteur, mais s’inscrit dans un contexte plus large de consolidation économique.

Moulay Ahmed Belghiti / Les Inspirations Éco Automobile


Du virtuel à la piste : au cœur de la fabrique technologique de Renault Group


Rejoignez lesecoauto.ma et recevez nos newsletters



Bouton retour en haut de la page