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Achraf Hajjaji. “Notre métier se résume à une chose : la satisfaction client” (VIDEO)

À la tête d’Auto Hall depuis quelques mois, Achraf Hajjaji engage un travail de repositionnement fondé sur l’héritage du groupe et une exigence accrue en matière d’expérience client. Passé par l’agroalimentaire, puis par Toyota et Auto Nejma, il revendique un parcours construit autour du challenge, de la performance et d’une culture du résultat.

Quel a été le moment le plus décisif dans votre parcours ?
Il n’y a pas un seul moment, mais plutôt des étapes clés. L’une des plus marquantes a été mon passage en Algérie, où j’ai participé à la mise en place d’une activité industrielle. C’était un environnement nouveau, avec des responsabilités larges et, surtout, la nécessité de construire presque à partir de zéro. Ce type d’expérience oblige à sortir de sa zone de confort, à prendre des décisions rapidement et à s’adapter en permanence. Cela m’a beaucoup appris, notamment sur la gestion des équipes et sur la manière de structurer une activité dans un contexte complexe. Ensuite, mon passage dans l’automobile, notamment chez Toyota puis Auto Nejma, a été déterminant. J’y ai découvert un secteur très exigeant, très concurrentiel, où la performance est mesurée en permanence.

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre Auto Hall ?
Auto Hall est une institution au Maroc. Quand on rejoint un groupe avec plus de 100 ans d’histoire, on ressent immédiatement le poids de l’héritage, mais aussi la responsabilité qui en découle. Ce qui m’a motivé, c’est justement ce potentiel. Auto Hall dispose d’une base solide, d’une présence historique et d’un portefeuille de marques important. L’enjeu aujourd’hui est de redonner à ce groupe toute sa place sur le marché, de le repositionner comme un acteur de référence. C’est un challenge très stimulant, parce qu’il ne s’agit pas de créer quelque chose de nouveau, mais de transformer, d’améliorer et de moderniser une structure existante.

Quelle est votre priorité aujourd’hui à la tête d’Auto Hall ?
Si je devais résumer en un mot, ce serait la satisfaction client. C’est vraiment le cœur de notre métier. Notre ambition est claire : faire en sorte que le client choisisse Auto Hall avant même de choisir une marque. Aujourd’hui, on a tendance à associer l’expérience à la marque, alors que le distributeur joue un rôle déterminant. Cela passe par plusieurs leviers : la qualité de l’accueil, le professionnalisme des équipes, la disponibilité des services et, surtout, la capacité à accompagner le client sur toute la durée de vie de son véhicule. C’est un travail de fond, qui nécessite de revoir certains processus, de former les équipes et d’instaurer une véritable culture orientée client.

Comment comptez-vous différencier Auto Hall dans un marché de plus en plus concurrentiel ?
Le marché évolue rapidement, avec l’arrivée de nouveaux acteurs et une intensification de la concurrence. Dans ce contexte, la différenciation ne peut pas se faire uniquement par le produit ou le prix. Notre stratégie repose sur la valeur globale que nous apportons au client. Cela inclut l’expérience d’achat, mais aussi tout ce qui suit : le service après-vente, la relation client, la disponibilité des pièces… Nous travaillons également sur l’efficacité interne, pour être plus réactifs et plus performants. Cela passe par une meilleure organisation, des objectifs clairs et une responsabilisation des équipes.

Quels sont, selon vous, les principaux leviers de croissance pour Auto Hall ?
Il y a plusieurs axes de développement. Certains segments, comme les poids lourds ou les équipements de travaux publics, offrent encore un potentiel important. Par ailleurs, notre positionnement multimarque est un atout. Il nous permet de couvrir un large spectre de besoins et de proposer des solutions adaptées à différents profils de clients. L’objectif est d’exploiter pleinement ce potentiel, tout en renforçant notre présence sur les segments où nous sommes déjà bien positionnés.

Comment analysez-vous l’évolution récente du marché automobile marocain ?
Le marché a connu une forte croissance, avec des niveaux record. Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs : une amélioration du pouvoir d’achat, une reprise de l’activité économique et un dynamisme global du pays. Cela étant dit, il faut rester prudent. Cette croissance ne se reproduira pas forcément au même rythme dans les années à venir. Nous sommes dans un marché qui reste porteur, mais qui va progressivement se stabiliser.

L’arrivée des marques chinoises change-t-elle la donne ?
Elle modifie l’équilibre du marché, c’est évident. Mais elle ne crée pas nécessairement de nouvelle demande. Ces marques viennent redistribuer les parts de marché entre les acteurs existants. Elles apportent une offre différente, souvent compétitive, mais cela pousse aussi l’ensemble des opérateurs à s’adapter, à être plus performants et plus innovants. C’est une évolution normale dans un marché qui se développe.

Comment définissez-vous votre style de management ?
Je dirais qu’il repose sur trois piliers : le respect, la transparence et la confiance. Un manager doit être capable de fixer un cap clair, mais aussi de prendre des décisions, y compris lorsqu’elles sont difficiles. Ne pas décider est souvent plus problématique que de se tromper. J’accorde également beaucoup d’importance à l’exemplarité. On ne peut pas demander aux équipes ce que l’on n’est pas prêt à faire soi-même. Enfin, je pense qu’il faut savoir reconnaître la performance, mais aussi traiter la non-performance. C’est une question d’équité et de crédibilité.

Quel regard portez-vous sur la réussite et l’échec ?
Je pense que la performance se construit dans la durée. Il n’y a pas de succès durable sans travail, sans rigueur et sans constance. L’échec fait partie du parcours. Ce qui compte, c’est la capacité à en tirer des enseignements et à rebondir. On peut réussir ponctuellement, mais le vrai défi, c’est de durer.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes aujourd’hui ?
Le premier conseil, c’est de ne pas chercher à aller trop vite. Les choses solides se construisent dans le temps. Ensuite, il faut accepter l’effort. Il n’y a pas de réussite sans travail. Et surtout, il ne faut pas viser la moyenne. Il faut avoir de l’ambition, se fixer des objectifs élevés et tout faire pour les atteindre.

Si vous deviez résumer votre philosophie professionnelle ?
Je dirais qu’il faut rester constant, travailler sérieusement et construire dans la durée. Il n’y a pas de raccourci. Ce sont les fondamentaux qui font la différence.

Moulay Ahmed Belghiti / Les Inspirations ÉCO AUTOMOBILE


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