
Le marché automobile marocain devrait atteindre un nouveau sommet en 2026, autour de 260.000 unités selon le scénario privilégié par Adil Bennani. Mais derrière ce record, la structure de la demande évolue rapidement. À l’occasion de la présentation au Maroc du nouveau Mercedes-Benz GLB, le DG d’Auto Nejma et vice-président de l’Aivam a livré une lecture sans détour d’un marché qui reste dynamique, mais dont les principaux moteurs sont en train de changer.
Le marché automobile marocain pourrait bien signer une nouvelle année record. Mais pour Adil Bennani, DG d’Auto Nejma et vice-président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc, le chiffre global ne suffit plus à raconter ce qui se passe réellement.
À l’occasion de la présentation du nouveau Mercedes-Benz GLB, le dirigeant a consacré près d’une demi-heure à passer au crible les principales tendances du secteur. Sa conclusion tient en une formule : « un environnement porteur mais qui est sous tension, un marché record mais qui se normalise ».
Autour de 260.000 véhicules en 2026
Pour la fin de l’année, le patron d’Auto Nejma avance trois scénarios, qu’il présente clairement comme ses propres projections. Ils situent le marché entre 250.000 et 262.000 véhicules.
Son scénario privilégié se situe autour de 260.000 unités, soit une progression proche de 9 %. Un nouveau sommet qui confirmerait la vigueur du marché marocain, mais qui masque des évolutions importantes dans la composition de la demande.
Car tous les segments ne contribuent plus de la même manière à la croissance.
La location ralentit, le particulier reprend du poids
Le principal changement concerne la location. Ce canal avait largement soutenu l’accélération du marché au cours des dernières années. Selon les chiffres présentés, 48 % de la croissance enregistrée entre 2023 et 2025 provenait de la location. Le segment marque désormais le pas.
Le vice-président de l’Aivam observe notamment un ralentissement des achats des loueurs, auquel s’ajoutent des tensions sur le financement. Il relève également que septembre n’a pas été favorable, après un mois d’août déjà perturbé.
Cette évolution modifie progressivement l’équilibre du marché. Les particuliers représentent désormais 47 % des achats et enregistrent une croissance de 22 % cette année.
« C’est plutôt une bonne nouvelle », estime le dirigeant, même si cette progression ne suffit pas encore à compenser entièrement le ralentissement de la location.
Un marché qui change de moteur
D’autres tendances accompagnent cette recomposition.
Dans le haut de gamme, le SUV continue de gagner du terrain, avec une progression marquée des formats compacts. Sur les véhicules professionnels, la dynamique reste également soutenue, reflet de l’activité de plusieurs secteurs de l’économie.
Les marques chinoises poursuivent parallèlement leur progression et étendent désormais leur présence à plusieurs catégories du marché.
Pour 2027, Adil Bennani anticipe toutefois un rythme plus modéré. Il envisage une croissance comprise entre 2 et 7 %, après un millésime 2026 exceptionnel. Le tourisme, les investissements étrangers, le développement de l’industrie automobile nationale et la bonne tenue des véhicules professionnels devraient continuer à soutenir l’activité.
Le marché entrerait ainsi moins dans une phase de recul que dans une normalisation après plusieurs années de forte accélération.
Lors de son intervention, le DG d’Auto Nejma a également détaillé les tensions qui traversent actuellement le marché de la location, les évolutions du SUV haut de gamme, la dynamique des utilitaires et du poids lourd, ainsi que ses perspectives sur l’électrification et le potentiel à long terme du marché marocain.
Une analyse plus complète à retrouver dans notre édition print du week-end.







