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Renault Scénic E-Tech : Une révolution française

La nouvelle génération du Renault Scénic fait table rase du passé… Ou presque. C’est désormais un crossover compact 100% électrique à la dégaine dans le vent, très proche de celle du concept-car éponyme, à l’habitacle ultra-connecté ayant su conserver une part de l’héritage familial en termes de praticité, et aux motorisations offrant un bon compromis entre performances et autonomie. 


Alors que les quatre premières générations du Renault Scénic appartiennent à la caste des monospaces compacts, le cinquième élément explore de nouveaux horizons. Il a été “exfiltré” du bourbier que représente le sous-segment précité, en chute libre depuis des années. Comme le concept-car duquel il dérive étroitement, le Scénic Vision, dévoilé en 2022, mais aussi le nouvel Espace, présenté voilà quelques mois, le Scénic E-Tech est un crossover, un SUV compact à la garde au sol modeste. La métamorphose est des plus réussies. En gros, la chenille s’est transformée en chrysalide. En matière de look, de présence, de prestance scénique, le Scénic E-Tech fait passer bien des SUV pour des “merguez” éclatées ! Renault est en train de vivre la “Vidal Loca” ! Signées Gilles Vidal, directeur du design de la marque depuis fin 2020, les dernières productions au Losange lorgnent toutes le premier prix de beauté au sein de leur segment. Le style des Mégane E-Tech, Austral et Rafale a été très favorablement accueilli. Et le Scénic s’attirera lui aussi les faveurs des “esthètes” avec sa silhouette racée, ou encore sa proue, marquée par un imposant capot moteur bien horizontal et très structuré, théâtre d’un jeu de surfaces douces et de lignes pincées. La calandre pleine donne quant à elle l’impression de ne pas l’être, grâce au maillage qui la recouvre, composé d’un cortège de losanges. Les signatures lumineuses avant et arrière ont également bénéficié d’un soin particulier, les épaulements sont généreux, les jupes latérales très seyantes… Du beau boulot.

Familiale sexy

Au risque de se répéter, le Scénic E-Tech devrait plaire. Mais pas à tout le monde ! Chez Peugeot, on doit l’avoir mauvaise. En effet, sous divers angles, la face avant du Scénic n’est pas sans évoquer celle du 3008 (et, partant, celle du 5008). L’explication est simple : Gilles Vidal est un transfuge de Peugeot. Fin de l’histoire. On ne va quand même pas demander à l’artiste de changer de style à chaque fois qu’il change de collectif. Bâti sur la plateforme électrique CMF-EV, développée en partenariat avec Nissan et inaugurée chez Renault par la Mégane E-Tech, le nouveau Scénic affiche une longueur de 4,47 mètres (+6 cm par rapport au Scénic 4 et –16 cm versus la variante à 7 places de ce dernier, le Grand Scénic) et un empattement de 2,78 mètres, une valeur assez élevée au sein de sa catégorie, gage d’une bonne habitabilité. Le Scénic n’a pas sacrifié la fibre familiale de ses prédécesseurs sur l’autel du style. Il se montre logiquement moins modulable, mais il accueillera dans des conditions appréciables 5 adultes, mais aussi leurs bagages, le coffre, qui dispose d’un hayon électrique, affichant une contenance de 545 litres.

Objet roulant connecté

Si la présentation intérieure du Scénic est la copie carbone de celle de la Mégane E-Tech, c’est-à-dire chiadée et moderne, son habitacle hérite d’éléments repris au nouveau haut de gamme de la marque, le Rafale. C’est le cas du toit ouvrant panoramique occultant Solarbay, disponible en option et offrant 4 niveaux d’opacification pilotés via le système d’infodivertissement, ou de l’accoudoir arrière “Ingenius”, qui donne accès à des supports pour smartphones et tablettes. Le combiné d’instrumentation de 12,3 pouces forme un ensemble en L avec l’écran tactile central au format portrait de 12 pouces du système multimédia OpenR Link, basé sur Android Automotive, qui deviendra en un rien de temps votre “gars sûr”. Traduction : une connectivité de champion, une reconnaissance vocale au taquet, l’accès à maintes applications qui facilitent la vie… Le Scénic E-Tech vit avec son temps pour ce qui est de la durabilité également. Renault le présente comme un véhicule “recyclé et recyclable”. Il est en effet composé à 24% de matériaux recyclés, et est recyclable à 90% (en comptabilisant sa batterie). Il a également déclaré “matériau non grata” les peaux animales, leur préférant le cuir synthétique. La conscience écolo ne se limite pas à rédiger la nécro’ du moteur thermique. Sans transition, après avoir bâti sa carrière sur l’incontournable dCi, le Scénic ne jure plus que par le moteur synchrone à rotor bobiné à 8 pôles magnétiques (la traduction ? Même Reverso ne pourra rien pour vous sur ce coup-là !). Deux niveaux de puissance sont proposés : 125 kW, soit 170 chevaux, et 160 kW, ce qui équivaut à 220 ch.

Écolo convaincu

Le Scénic le plus sage embarque une batterie de 60 kWh, quand celle en charge d’alimenter la déclinaison animée par le plus puissant des électromoteurs bénéficie d’un rab de 27 kWh et fait ainsi la course en tête en termes de performances (0 à 100 km/h en 8,4 s et Vmax de 170 km/h, contre 9,3 s et 150 km/h ), mais aussi en ce qui concerne l’autonomie. Son rayon d’action, batterie pleine, est de 610 km (cycle WLTP), ce qui est remarquable. C’est 190 km de plus que l’autonomie affichée par l’entrée de gamme. Elle est aussi devant en matière de recharge, sa batterie supportant une puissance maximale de 150 kW en courant continu, soit 20 kW de plus que le Scénic doté de la batterie de 60 kW. Le Renault Scénic E-Tech sera commercialisé début 2024. Ses tarifs n’ont pas encore été dévoilés. Pour être compétitif face à des rivaux redoutables comme le Tesla Model Y, mais aussi le Kia Niro EV, il faudra impérativement qu’ils soient raisonnables. Affaire à suivre !

 

Mehdi Labboudi / Les Inspirations ÉCO


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