Adel Adam Zerrouk : “On ramène la nouveauté à des prix plus bas”

Adel Adam Zerrouk
Directeur de Seat et Cupra au sein de CAC
Seat Maroc met en scène le lancement des nouvelles Ibiza et Arona sous le label «Rollin’ Young», en misant sur un imaginaire vintage inspiré des années 80–90. Derrière le décor, une stratégie lisible visant à réaffirmer son attachement à une cible jeune et urbaine, et rendre la promesse accessible tangible, avec des prix d’appel annoncés à 169.900 DH pour l’Ibiza et 215.000 DH pour l’Arona.
Vous présentez aujourd’hui deux nouveautés en même temps. Pourquoi ce double lancement ?
Effectivement, aujourd’hui, nous procédons à deux lancements en un : les nouvelles Ibiza et Arona. D’abord, parce que ces voitures partagent la même plateforme et la même technologie. L’une est surélevée, l’autre plus basse, pour offrir de meilleures sensations routières. Ensuite, parce que ces modèles parlent à des clientèles proches. C’est une clientèle jeune, plutôt féminine, et aussi des conducteurs qui recherchent un véhicule performant, “collé” à la route. Il y a en parallèle, des clients attirés par un format SUV, comme l’Arona.
Sur un marché très concurrentiel, comment ces modèles vont-ils se positionner sur leurs segments ?
Ils arrivent sur des segments très dynamiques, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Ce sont les deux segments qui ont le plus progressé en 2025, surtout en motorisation essence. Nous observons un vrai basculement, notamment sur le segment de l’Ibiza.
Aujourd’hui, pratiquement toutes les concurrentes ont arrêté le diesel. La clientèle s’est adaptée à l’essence et aux boîtes automatiques. Le segment bouge beaucoup. De plus, l’Ibiza reste un acteur historique. Nous avons une vraie légitimité. Le public connaît le modèle, il aime son ADN, et il y a une histoire derrière.
Pour l’Arona, le contexte est encore plus agité, avec l’arrivée de plusieurs marques chinoises sur les petits SUV. Mais l’Arona a des atouts très solides avec une motorisation du groupe Volkswagen, un design moderne, et bien d’autres arguments. Globalement, je suis enthousiaste pour les deux modèles. Et leur évolution, depuis le lancement en 2021, est vraiment marquante. Maintenant, l’enjeu, c’est de proposer la meilleure configuration possible pour notre clientèle.
Quel est votre positionnement en termes de prix ?
L’Ibiza démarre à 169.L900 dirhams, l’Arona à 215.000 dirhams. Ce sont des prix très agressifs. Et surtout, nous lançons la nouveauté à un prix plus bas qu’avant. Ce qui est vrai «game changer». Les volumes que nous réalisons au Maroc, depuis la reprise de Seat et Cupra, nous permettent de mieux négocier avec le constructeur et d’offrir des prix très compétitifs.
Avec ce positionnement, quels objectifs visez-vous ?
Sur l’Ibiza, l’enjeu est clair : nous vise au minimum le Top 3 du segment. Sur l’Arona, l’objectif, ils est surtout question d’installer le modèle. Au total, les deux doivent représenter au minimum 45% des ventes SEAT.
Depuis la reprise de Seat par la Centrale automobile chérifienne, la marque a clairement progressé. Qu’est-ce qui a changé ?
Nous avons repris la marque en 2021, et les volumes ont plus que triplé. À l’époque, Seat ne dépassait pas 2.000 véhicules. L’an dernier, nous avons terminé à plus de 4.800 unités. La progression est donc très nette. Le point clé, c’était l’image. La marque était un peu “fatiguée”. On l’a relancée, on a recréé le lien avec notre public. Un public jeune, pas seulement en âge, mais jeune d’esprit. Nous avons retravaillé les véhicules (ndlr : le package, les options) mais aussi la communication.
Le «tone of voice» a changé. Résultat : nous parlons mieux à la clientèle, et la réponse du client marocain a été très rapide. Et il y a aussi un facteur affectif. Pour beaucoup, Seat, c’est “la voiture du grand-père”. Un modèle qu’on a déjà conduit, ou dans lequel on a déjà été transporté. Il fallait donc remettre l’image à niveau, renforcer le package et ajuster le positionnement prix. Voila la recette.
Moulay Ahmed Belghit / Les Inspirations ÉCO







