Terres rares : « prise en étau », l’Europe se tourne vers Washington

Obtenir un accord avec Washington, c’est l’objectif que Bruxelles espère faire avancer mercredi, lors d’une séquence diplomatique aux États-Unis. Des responsables européens s’y rendent avec l’espoir de trouver un terrain d’entente avec l’administration Trump sur ces matières premières critiques devenues essentielles à l’industrie.
Une délégation européenne attendue à Washington
Le commissaire européen Stéphane Séjourné représentera l’Union européenne dans des discussions ministérielles organisées par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, avec une série de pays qui veulent réduire leur dépendance à la Chine.
Terres rares : éviter une concurrence «débridée» sur les mêmes projets
L’Union européenne veut se coordonner avec les Américains pour éviter une compétition débridée à l’étranger, notamment en Australie, riche en ressources. La Commission européenne insiste sur un principe : ne pas se faire concurrence pour obtenir les mêmes ressources. Et, lorsque les deux blocs travaillent sur les mêmes projets, trouver des moyens de se compléter mutuellement.
Repartir du bon pied après la crise du Groenland
L’exécutif européen espère aussi repartir du bon pied après la crise transatlantique sur le Groenland, ce territoire autonome danois que Donald Trump avait dans le viseur. Sur le dossier des terres rares, l’UE table d’abord sur une déclaration commune avec Washington, avant un accord plus formel.
Une dépendance révélée «dans la douleur» pendant le Covid
Pendant la crise du Covid, l’Europe a appris dans la douleur combien sa dépendance aux matières premières critiques importées de Chine pouvait mettre à l’arrêt ses chaînes d’approvisionnement. Depuis, elle cherche de nouveaux partenaires et a déjà scellé des accords avec le Japon, l’Australie ou le Canada.
Pourquoi les terres rares pèsent si lourd
Les terres rares sont des éléments métalliques essentiels pour des pans entiers de l’économie, notamment l’industrie automobile, les énergies renouvelables, le numérique ou la défense. Elles servent à la fabrication d’aimants puissants, de catalyseurs ou de composants électroniques.
Pékin domine l’extraction et le raffinage
La Chine, qui concentre la majorité des réserves mondiales de terres rares, domine l’extraction des minerais. Elle a aussi développé un quasi-monopole sur le raffinage. Pékin exerce une mainmise similaire sur certains métaux stratégiques, comme le gallium utilisé dans les semi-conducteurs.
L’UE «prise en étau» entre restrictions chinoises et accords américains
L’Europe s’était dotée il y a deux ans d’une loi visant à sécuriser ses approvisionnements. Mais l’UE se retrouve prise en étau : la Chine multiplie les mesures de restriction à ses exportations de terres rares, tandis que les États-Unis négocient des accords bilatéraux tous azimuts pour sécuriser leurs propres approvisionnements.







