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Luce : quand Ferrari bascule dans l’ère du 100% électrique

En levant le voile sur la Luce, Ferrari franchit un seuil historique. Pour la première fois depuis sa création, le constructeur de Maranello prépare une voiture de sport entièrement électrique. Une quasi-révolution pour une marque dont l’identité s’est construite autour du moteur thermique, du son mécanique et de la compétition. Plus significatif encore, Ferrari choisit de révéler d’abord l’intérieur et l’interface, bien avant la carrosserie. Un choix lourd de sens.

Présentée à San Francisco, la Ferrari Luce inaugure un nouveau chapitre stratégique. La marque ne parle pas simplement d’électrification, mais d’une nouvelle philosophie de conception. L’électricité n’est pas une finalité. Elle devient un moyen au service de l’émotion de conduite, cœur historique du discours Ferrari.

Une rupture assumée dans la chronologie Ferrari
Chez Ferrari, l’ordre des révélations a toujours été immuable. Ligne extérieure, proportions, moteur, puis habitacle. Avec la Luce, cette hiérarchie vole en éclats. Le constructeur commence par l’expérience intérieure, par le contact entre l’homme et la machine.

Ce renversement traduit un changement profond dans la manière dont Ferrari conçoit désormais la voiture de sport. La Luce ne se présente pas comme une Ferrari électrifiée au sens classique. Elle inaugure un segment entièrement nouveau dans la gamme du Cheval cabré. Son nom, qui signifie lumière, symbolise cette volonté de clarté et de projection vers l’avenir. Ferrari parle d’illumination, d’une vision plus que d’un objet technique.

Un habitacle pensé comme une architecture de conduite
Le premier aperçu de la Luce passe donc par son cockpit. L’habitacle est conçu comme un volume unique, épuré, rationnel, entièrement orienté vers la conduite. Chaque élément est autonome mais parfaitement intégré, dans une logique où le matériel et le logiciel ont été développés conjointement. Ferrari fait ici un choix à contre courant de nombreuses voitures électriques.

Là où l’industrie privilégie les écrans géants et les interfaces tactiles, la Luce remet en avant les commandes physiques. Boutons, cadrans, basculeurs et interrupteurs mécaniques sont conçus avec une extrême précision, afin de renforcer le lien sensoriel entre le conducteur et la voiture. Cette approche ambitionne de réduire la charge cognitive, favoriser l’intuition et préserver l’intensité de la conduite, même dans un environnement électrique silencieux.

Un volant comme manifeste technique
Le volant de la Ferrari Luce cristallise cette philosophie. Sa forme à trois branches rend hommage aux volants Nardi des Ferrari des années cinquante et soixante, tout en intégrant une architecture contemporaine. Réalisé en aluminium 100% recyclé, il est composé de dix neuf pièces usinées CNC et affiche un poids inférieur de quatre cents grammes à celui d’un volant Ferrari classique.

Les commandes sont organisées en modules analogiques inspirés de la Formule 1. Chaque bouton a fait l’objet de dizaines de tests afin d’obtenir un retour mécanique et acoustique précis. Ferrari cherche ici à recréer une relation physique avec la machine, à l’heure où l’électrique tend à lisser les sensations.

Une interface qui mêle artisanat et haute technologie
Le bloc d’instruments constitue une autre première pour Ferrari. Monté sur la colonne de direction et solidaire du volant, il intègre deux écrans OLED superposés développés avec Samsung Display. L’affichage combine éléments numériques et analogiques dans une unité compacte, mobile et parfaitement lisible.

Le panneau central orientable vers le conducteur ou le passager, le multigraph inspiré de l’horlogerie, ou encore le levier de vitesses en verre Gorilla illustrent la même obsession du détail. Chaque composant vise à concilier innovation technologique et artisanat, sans jamais céder à l’effet gadget.

LoveFrom, un partenariat révélateur
Pour mener à bien ce projet, Ferrari s’est entourée du collectif créatif LoveFrom, fondé par Sir Jony Ive et Marc Newson. Ce partenariat, établi depuis cinq ans, dépasse le simple exercice de style. Il traduit la volonté de Ferrari d’intégrer des références issues du design technologique et de l’expérience utilisateur, domaines devenus centraux dans l’automobile moderne. San Francisco, lieu de la présentation, n’a rien d’anodin. C’est un symbole. Celui d’un croisement assumé entre la culture automobile italienne et l’univers mondial de la technologie et du design numérique.

Une Ferrari électrique sans compromis identitaire
Ferrari reste volontairement discrète sur les données techniques de la Luce. Autonomie, puissance, architecture électrique ou performances ne sont pas encore dévoilées. La carrosserie ne sera révélée qu’en mai 2026 en Italie, dernière étape d’un lancement pensé en trois temps.

Ferrari veut d’abord installer un récit. Celui d’une voiture électrique qui ne renonce ni à la performance, ni à l’émotion, ni à l’exclusivité. La Luce ne cherche pas à répondre aux codes actuels de l’électrique. Elle ambitionne de redéfinir ce que peut être une Ferrari dans un monde sans moteur thermique.

Une quasi-révolution plus culturelle que technique
Au fond, la rupture portée par la Ferrari Luce n’est pas seulement énergétique, elle est culturelle. Ferrari accepte l’idée que l’émotion automobile peut se déplacer, passer du bruit à la sensation, du régime moteur à l’interface, de la mécanique visible à l’architecture invisible.

En choisissant de dévoiler l’âme avant le corps, Maranello envoie un message clair. La première Ferrari 100% électrique ne sera pas une concession aux contraintes du temps. Elle sera une interprétation nouvelle de la passion automobile. Une lumière projetée sur l’avenir, sans renier l’ombre prestigieuse du passé.

Moulay Ahmed Belghit / Les Inspirations ÉCO


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