Younes El Aouad : “Le VUL bénéficie d’une demande structurelle liée à l’économie productive”

Younes El Aouad
DG de Tractafric Motors Maroc
Porté par les grands projets d’infrastructure et l’essor des activités logistiques, le marché des véhicules utilitaires légers connaît une croissance soutenue au Maroc. Pour Younes El Aouad, distributeur exclusif de la marque GWM, cette dynamique devrait se poursuivre dans les prochaines années, notamment sous l’effet des investissements structurants et de la montée en puissance du segment des pick-ups.
Sur trois ans, comment a évolué le marché VUL, en volumes et en valeur ?
Le marché des véhicules utilitaires légers a enregistré une croissance particulièrement remarquable entre 2023 et 2025. Sur cette période, les immatriculations ont progressé de près de 65%, passant de 16.212 unités en 2023 à 26.707 unités en 2025. Cette évolution reflète clairement la dynamique positive du secteur et l’intensification des besoins en mobilité professionnelle dans plusieurs activités économiques.
Le VUL vous paraît-il plus résilient que le véhicule particulier, aujourd’hui ?
Oui, le VUL apparaît désormais plus résilient que le marché du véhicule particulier. Cette situation s’explique par le fait que la demande en utilitaires est directement liée à l’activité économique. Alors que le marché des véhicules particuliers reste sensible aux cycles de consommation des ménages, le VUL bénéficie d’une demande structurelle portée par les activités commerciales, logistiques et industrielles, qui se développent dans un contexte économique favorable.
Le VUL est-il devenu un levier clé de rentabilité pour votre groupe ?
Absolument. Le VUL constitue aujourd’hui un levier stratégique dans notre structure de rentabilité. Notre gamme de pick-up POER représente près de 20% de nos ventes totales. Ce poids dans notre mix produit confirme l’importance croissante de ce segment dans la performance globale de Tractafric Motors Maroc.
Observez-vous une évolution du profil des clients ?
Notre clientèle reste très diversifiée. Elle regroupe aussi bien des grandes entreprises que des PME, des sociétés de location, des artisans ou encore des agriculteurs. Toutefois, une part importante de nos ventes provient aujourd’hui des grands groupes impliqués dans les projets d’infrastructure structurants du pays. Les chantiers liés au développement ferroviaire, aux barrages ou encore aux infrastructures portuaires génèrent une demande significative en véhicules utilitaires.
Quelle place occupent le leasing et la LLD dans vos ventes ?
Le leasing et la location longue durée constituent actuellement les principaux modes de financement de nos ventes de pick-ups. La majorité de nos clients professionnels privilégient ces solutions, qui se sont imposées comme les mécanismes de financement dominants pour les flottes d’entreprise.
La concurrence pèse-t-elle sur vos marges unitaires ?
Notre gamme de pick-ups bénéficie actuellement d’un positionnement concurrentiel solide. Notre stratégie repose davantage sur la création de valeur que sur une compétition purement tarifaire. En mettant l’accent sur la qualité, la fiabilité et les services associés, nous parvenons à préserver des marges satisfaisantes malgré un environnement concurrentiel intense.
Le service après-vente est-il devenu plus stratégique que la vente elle-même ?
Le service après-vente est devenu tout aussi stratégique, voire parfois plus important que la vente du véhicule. Pour nos clients B2B, le VUL est un outil de travail essentiel. La qualité de l’après-vente influence directement leur productivité et leur rentabilité. C’est pourquoi nous accordons une attention particulière à la disponibilité des pièces de rechange et à la performance de notre réseau technique.
Attendez-vous un pic de demande entre 2026 et 2029 ?
Oui, nous anticipons un pic de demande significatif entre 2026 et 2029. Les grands projets structurants actuellement en cours devraient continuer à générer une demande soutenue en véhicules utilitaires sur les prochaines années. À plus long terme, l’enjeu sera de consolider cette dynamique afin que l’économie marocaine poursuive sa trajectoire de croissance au-delà de ces cycles d’investissement.
Moulay Ahmed Belghiti / Les Inspirations Éco Automobile







