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Motorisations : un marché résolument diesel mais l’électrifié s’installe

Le marché automobile marocain n’a pas encore basculé vers le tout électrique, loin s’en faut. Les chiffres de l’AIVAM montrent plutôt une transition progressive, portée par les motorisations hybrides sous différentes formes. En 2025, le diesel représentait encore 70,5% des ventes VP, mais les véhicules électrifiés atteignaient déjà 12,5% du marché, contre 7% en 2024. À fin mai 2026, cette part grimpe à 17,2%, confirmant une évolution rapide des choix de motorisation.

Malgré la progression des nouvelles motorisations, le diesel demeure la motorisation dominante du marché marocain. En 2025, il représentait 70,5% des ventes de voitures particulières. À fin mai 2026, sa part reste majoritaire, à 64,5%, avec 59.419 unités immatriculées. Ce recul progressif ne signifie donc pas une disparition du diesel. Il reste fortement ancré dans les usages marocains : grands trajets, clientèle familiale, professionnels, valeur de revente et perception d’une meilleure endurance mécanique. Pour beaucoup d’acheteurs, le diesel demeure une solution rationnelle, surtout lorsque le véhicule doit servir à la fois en ville, sur route et sur autoroute. Mais la tendance est claire : le diesel perd du terrain. Il représentait près de 79,4% du marché VP en 2024, puis 70,5% en 2025, avant de descendre à 64,5% à fin mai 2026. Le mouvement n’est pas brutal, mais il est continu.

L’essence progresse en silence
L’essence profite aussi de cette recomposition. Sa part est passée de 13,3% en 2024 à 17% en 2025. À fin mai 2026, elle atteint 18,3% du marché VP, avec 16.904 unités. Cette progression est moins commentée que celle de l’électrification, mais elle est importante. Elle traduit l’évolution de l’offre, notamment sur les citadines, les petits SUV et certains modèles où le diesel devient moins présent. L’essence reste également plus accessible à l’achat dans plusieurs segments. Elle ne représente pas une rupture technologique, mais elle participe à l’érosion progressive du diesel. Dans certains usages urbains ou périurbains, elle devient une alternative plus simple et parfois plus économique à l’achat.

L’électrifié devient un vrai bloc de marché
La transformation la plus visible concerne les véhicules électrifiés. En 2025, ils représentaient 12,5% du marché VP, contre 7% en 2024. Sur le quatrième trimestre 2025, leur part avait déjà atteint 15,1%, signe d’une accélération en fin d’année. À fin mai 2026, cette dynamique se confirme :
les véhicules électrifiés totalisent 15.830 unités, soit 17,2% des immatriculations VP. Le seuil est important. L’électrifié n’est plus une niche, même s’il reste encore loin de dominer le marché. Il faut toutefois bien préciser ce que recouvre cette progression. L’essentiel de la croissance ne vient pas du 100% électrique, mais des différentes formes d’hybridation : hybride classique, hybride rechargeable, mild hybrid et véhicules à prolongateur d’autonomie.

L’hybride, moteur réel de la transition
L’hybride classique reste l’un des piliers de cette transition. À fin mai 2026, les HEV totalisent 6.267 unités, soit 6,8% du marché VP. Cette technologie rassure le client, car elle permet de réduire la consommation sans imposer de recharge externe. Les hybrides rechargeables progressent encore plus vite. Les PHEV atteignent 4.844 unités à fin mai 2026, soit 5,3% du marché VP. Leur succès s’explique par leur promesse : rouler en électrique sur une partie des trajets quotidiens, tout en conservant un moteur thermique pour les longues distances. Les mild hybrids représentent 2.918 unités, soit 3,2% du marché. Moins visibles commercialement, ils s’installent néanmoins dans les gammes car ils permettent aux constructeurs d’électrifier partiellement leurs modèles sans bouleverser les habitudes d’usage ni les prix.

Le 100% électrique reste limité
Le 100% électrique progresse, mais reste encore marginal. En 2025, les BEV représentaient environ 0,7% des ventes VP. À fin mai 2026, ils totalisent 869 unités, soit 0,94% du marché VP. Ce niveau montre que l’électrique pur reste freiné par plusieurs facteurs : prix d’achat, infrastructure de recharge, autonomie perçue, habitudes de conduite et incertitude sur la valeur de revente. Le client marocain regarde l’électrique, mais il hésite encore à en faire son véhicule principal. L’arrivée de nouvelles offres urbaines ou plus compétitives peut élargir le marché, mais le basculement reste progressif.

REEV : une nouvelle catégorie à suivre
La nouveauté de 2026 vient aussi des REEV, les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie. À fin mai, ils totalisent déjà 932 unités, soit 1% du marché VP. Ce chiffre reste modeste, mais il est significatif pour une catégorie nouvelle. Le REEV répond à une crainte très concrète : bénéficier d’une conduite électrifiée sans dépendre totalement de la recharge. Cette solution est particulièrement portée par les nouveaux entrants chinois et pourrait trouver un écho dans un marché encore prudent face au 100% électrique.

Une transition par étapes
La lecture des motorisations montre donc un marché en transition, mais pas en rupture. Le diesel reste majoritaire. L’essence progresse. L’électrifié s’installe rapidement. Mais le 100% électrique reste encore faible. La vraie transformation se joue dans l’hybridation. C’est elle qui permet au client marocain d’entrer progressivement dans l’électrification, sans changer complètement ses habitudes. C’est aussi sur ce terrain que la concurrence devient plus forte, notamment avec l’arrivée de nombreuses marques chinoises proposant des SUV hybrides, rechargeables ou à prolongateur d’autonomie. Le marché marocain ne tourne pas encore la page du thermique. Mais il ajoute une nouvelle couche à son équilibre : celle de l’électrifié accessible, rassurant et compatible avec les usages réels des automobilistes.

Moulay Ahmed Belghiti / Les Inspirations Éco Automobile


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