ESSAIS

SUV compact hybride : Nissan Qashqai e-Power, prolongateur de plaisir

Lancé le mois dernier sur le marché marocain, le Nissan Qashqai e-Power vient de passer sur notre “banc d’essai”. La brève prise en main dans le cadre de sa première nationale nous avait laissés sur notre faim. On a enfin pu profiter à satiété de ce SUV compact hybride, séduisant en diable, lors de notre second tête-à-tête, quand bien même le temps file affreusement vite en si bonne compagnie. Récit. 

Vendu à près de 6 millions d’exemplaires dans le monde depuis l’avènement de la première génération en 2007, en bonne partie grâce à ses variantes dCi, diesel, le Qashqai a eu le cran de se réinventer en 2021, d’actualiser la recette qui a fait le succès de ses aînés. La troisième génération du best-seller de la marque de Yokohama a en effet déclaré le diesel “motor non grata” sous son capot, entamant sa carrière (mondiale, comme marocaine) avec un 4 cylindres 1.3 l DIG-T essence, un bloc qui développe 130 chevaux lorsqu’il travaille de concert avec la boîte de vitesses manuelle à 6 rapports et 150 ch quand c’est à la transmission à variation continue (CVT) qu’il est associé. Le nouvel opus a reçu récemment un renfort de choix sur notre marché, une déclinaison hybride non-rechargeable dénommée e-Power.

Commercialisée fin 2022 en Europe, où elle a été le premier modèle de la marque à étrenner la technologie éponyme, lancée au Japon dès 2016, sur le Nissan Note, cette version enchaîne avec une nouvelle première continentale. Comme au temps du Paris-Dakar, c’est à partir du Maroc que le Nissan Qashqai e-Power lance son périple africain. Essayé rapidement par nos soins en marge de son lancement national, ce SUV full hybrid, HEV, nous avait fait une très bonne première impression. Nous avions hâte de faire plus ample connaissance, de confirmer tout le bien que nous avons pensé de lui lors de notre premier contact.

Sur le papier, la proposition est des plus alléchantes. Le Qashqai e-Power n’est pas juste un full hybrid de plus. Il s’agit, à proprement parler, d’un “véhicule électrique à prolongateur d’autonomie alimenté en essence”, dixit Wikipédia. La technologie qu’il embarque est innovante. Le fonctionnement de son système hybride est singulier. Et cela se ressent très vite au volant. Surtout au démarrage et à basses vitesses. Le moteur thermique de notre monture, un 3 cylindres 1.5 l turbo à taux de compression variable, n’est pas raccordé à la transmission à variation continue XTronic 7, mais à la petite batterie lithium-ion de 2,1 kWh, ses 158 ch et ses 250 Nm de couple servant exclusivement à la recharger.

Innovant
L’entraînement des roues est donc dévolu au moteur électrique de 140 kW (190 ch) et 330 Nm. En d’autres termes, le couple maxi est disponible sur toute la plage d’utilisation de l’électromoteur, ce qui garantit des démarrages en trombe et des reprises musclées. Autre atout non négligeable de ce Qashqai e-Power, le moteur essence se fait discret lorsqu’il s’ébroue, n’agresse pas les tympans, même lors des phases de fortes sollicitations, sur autoroute, par exemple. S’il se montre particulièrement frugal en ville, le petit dernier du catalogue de l’importateur exclusif de Nissan au Maroc est aussi taillé pour les voyages au long cours. Ses concepteurs le créditent d’une consommation moyenne de 5,3 l/100 km (cycle WLTP mixte) et, partant d’un rayon d’action pouvant dépasser 1.000 km avec un seul plein, son réservoir présentant une capacité de 55 litres ! Bâti sur la plateforme CMF de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, le Qashqai écolo dispose de trains roulants et de liaisons au sol tranchants comme un katana.

Le train avant est vif, malgré le surpoids versus les versions thermiques. En ville, la suspension offre un habile compromis entre fermeté et douceur, encaisse, sans “moufter”, les irrégularités du bitume, tandis que sur (petite) route, le roulis est contenu à sa portion congrue. Et le freinage veille au grain. Cette variante e-Power a droit à un système de récupération de l’énergie cinétique au freinage et à la décélération, mais aussi à l’ingénieux système “e-Pedal Step”, qui nécessite un petit temps d’adaptation, dans la mesure où la pédale d’accélérateur peut se substituer à sa voisine de gauche. Il faut actionner une commande placée sur la console centrale et il suffit alors de lever le pied du champignon pour décélérer jusqu’à atteindre une vitesse de 10 km/h. Une fois le “modus operandi” assimilé, place à une conduite coulée à nulle autre pareille. Onduler les décélérations via l’accélérateur devient un jeu d’enfant aussi addictif que les jeux d’argent.

Attachant
On s’attache facilement à l’habitacle du Qashqai également. Abstraction faite de la commande de l’e-Pedal Step et de l’écran central, la présentation intérieure de la variante e-Power est en tout point similaire à celle de la version essence, c’est-à-dire cossue, élégante, et moderne, high-tech. Le C-SUV de Nissan associe un combiné d’instrumentation numérique de 12,3 pouces à une tablette tactile centrale affichant la même diagonale à partir du deuxième des trois niveaux de finition (Acenta+, N-Connecta et Tekna) et 9 pouces sur la version d’appel.

À comparer aux écrans de 8 et 9 pouces du Qashqai essence. La connectivité sans fil à Apple CarPlay et Android Auto, le chargeur par induction, ou encore les sièges enveloppants au confort ouaté, figurent parmi les points forts de l’intérieur de ce C-SUV de 4,42 m de long, au même titre que son habitabilité au-dessus de la moyenne de son sous-segment et sa capacité de coffre, intacte par rapport à celle des versions essence (504 l).

Dans la colonne des atouts figure aussi, en bonne place, le look du Qashqai e-Power, qui est pratiquement la copie carbone de son pendant thermique avec sa calandre V-Motion évasée, son regard “effronté”, grimé d’une signature lumineuse en forme de C, son profil fuyant ou son becquet de hayon et ses boucliers avant et arrière au look résolument sportif. Son badge e-Power et ses jantes plus aérodynamiques permettent néanmoins de reconnaître cette variante hybride qui démare à partir de 375.000 DH. La finition intermédiaire s’affiche à 410.000 DH, tandis que notre voiture d’essai, dotée de la finition haute Tekna, réclame 440.000 DH.

Mehdi Labboudi / Les Inspirations ÉCO


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