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Restylage : Dacia Spring, l’électromobilité premier prix… de beauté

Dans la course vers une mobilité plus durable et écologique, la plupart des marques rivalisent de technologie et de raffinement, s’affrontent à coups de qui a la plus grosse… batterie, l’autonomie la plus généreuse, ce qui alourdit aussi bien les véhicules que la note présentée à l’automobiliste, globalement salée. La Dacia Spring a adopté, pour sa part, un régime “hyposodé”, une logique “bottom up” plutôt que “top down”. Et elle est team “light is right” également. Sa version restylée, dévoilée en première mondiale au salon de Genève, vient ajouter des touches de style et de digitalisation bienvenues.

À sa sortie et tout au long de sa jeune carrière de trois printemps en Europe et d’un seul au compteur sous nos latitudes, la Spring a rempli son contrat, rendant la mobilité électrique accessible au plus grand nombre. C’est le BEV (battery electric vehicle) le plus accessible sur notre marché comme en Europe. Le plus vendu aussi.

Sur les 463 transactions comptabilisées en 2023 dans le «game» des véhicules 100 % électriques, 146 ont été réalisées dans les showrooms de Dacia. Evidemment, les volumes sont autrement plus importants sur le marché européen.

La mini-citadine “zéro émission” y a été vendue à plus de 140.000 unités depuis 2021 et y a réalisé son exercice le plus abouti l’année dernière, avec près de 61.900 exemplaires écoulés (+ 27 % versus 2022), dont près de la moitié en France (plus de 27.000 immatriculations), ce qui lui a permis de grimper sur la troisième marche du podium des ventes aux particuliers de véhicules électriques (“zéro émission” et hybrides rechargeables) sur le Vieux continent et de briguer une deuxième place en France.

Un territoire à défendre
Ces performances commerciales solides auraient pu pousser Dacia à offrir un restylage discret à la Spring, à repartir sur les mêmes bases. Cela aurait probablement été le cas dans un monde débarrassé de la menace Citroën ë-C3, rivale déclarée dont le lancement est imminent en Europe. Sur son marché numéro un, en France, en l’occurrence, la baston avec cette dernière risque d’être âpre. L’ë-C3 promet elle aussi l’accès à prix raisonnable à la mobilité électrique, une fois le bonus écolo déduit, à plus forte raison, bonus auquel la Spring n’a plus droit depuis le 1er janvier dernier, à cause de ses origines.

Rappelons que la petite sœur vertueuse de la Sandero est produite en Chine et que seuls les véhicules sortant des chaînes d’assemblage d’usines européennes (comme la Citroën, assemblée en Slovaquie) ont droit, désormais, aux incentives gouvernementaux en France et sur la plupart des marchés européens. Forte de ce coup de pouce, la rivale aux chevrons pourrait s’afficher à des tarifs plus ou moins comparables à ceux de la Spring en Europe – son principal débouché -, tout en proposant plus (notamment un moteur plus puissant et une batterie plus grande).

Pour le restylage de mi-vie de cette dernière, la donne était simple pour Dacia : pourrir en amont la vie de celle qui veut marcher sur ses plate-bandes en offrant un relooking profond à sa protégée, sans pour autant exploser le budget. L’outfit et la présentation intérieure de la Phase 2 ont bénéficié du plus grand des soins.

Le modèle sortant allait à l’essentiel. La “4Léctrique”, en quelque sorte. Son remplaçant est plus “glam”, fait preuve de plus de coquetterie. Il faut dire que la Spring restylée s’est servie abondamment dans le “dressing” du Duster 3. Dacia indique qu’abstraction faite du pavillon, tous les panneaux de carrosserie ont été remplacés (les vitres sont aussi celles de la Ph.1, soit dit en passant).

Lourd, le relooking !
Perso, on surkiffe la nouvelle face avant très verticale et sa signature lumineuse sertie de LED disposées en Y, de même que les nouveaux feux arrière reliés par un bandeau lumineux, mais aussi maints petits détails repensés pour plus de prestance, pour offrir au petit crossover une allure plus bourgeoise et plus dans l’air du temps.

Le côté baroudeur a été amplifié (l’abandon des barres de toit eut pu faire redouter l’inverse) et les nouvelles jantes en aluminium ont été «upsizées» (15 pouces sur les modèles équipés du plus puissant des moteurs disponibles au catalogue, soit une pointure de plus que précédemment), tandis que la longueur du véhicule a été légèrement rabotée, passant à 3,70 mètres (- 3 cm). N’ayez crainte, cela dit. Cela n’a pas affecté le volume du coffre, revu, contre toute attente, à la hausse (308 l, contre 270 l pour le modèle originel). Mieux, grâce à un bac de rangement disponible en option – comme d’autres nouveaux accessoires, notamment les YouClip, porte-accessoires inaugurés par le Duster 3 -, la Spring peut disposer d’un “frunk” (“front trunk”), un coffre à l’avant d’une contenance de 35 l. La capacité de chargement totale atteint alors 343 l, ce qui lui permet de rivaliser avec quelques citadines de 4 mètres et plus.

Intérieur jour… et la nuit
Les aspects pratiques progressent de manière sensible, d’autant que le nouveau cru hérite d’une double boîte à gants, de même que de bacs de portières plus accueillants (bénéfice total en termes d’espace de rangement de l’ordre de 33 l). Il n’en demeure pas moins que c’est la montée en gamme spectaculaire de l’habitacle ainsi que les efforts consentis en matière de digitalisation qui vont réellement fermer des bouches.

Dacia est quasiment repartie d’une feuille blanche pour la présentation intérieure de son premier véhicule 100 % électrique. Oubliez le mobilier très “Sandero 2”. Place à une planche de bord épurée, moderne, très horizontale, dominée par la nouvelle instrumentation numérique de 7 pouces (un petit écran deux fois plus petit pour la Ph.1) et l’écran tactile central, qui passe pour sa part de 7 à 10 pouces sur la finition la plus huppée et qui donne accès à un système multimédia offrant une compatibilité sans fil à Apple CarPlay et Android Auto.

La plus petite des Dacia a également profité de son restylage pour entrer dans les clous de la nouvelle réglementation européenne GSR2. Sa liste d’aides à la conduite s’allonge, pour ce faire. Une aide au maintien dans la voie, un système de reconnaissance des panneaux de signalisation avec alerte de survitesse et un système de surveillance de l’attention du conducteur viennent étoffer les rangs des ADAS (de base) présents jusqu’alors.

Statu quo mécanique
Si ce restylage a mobilisé beaucoup de ressources, les motoristes sont restés sur le banc (de puissance, forcément). RAS au niveau de la fiche technique. Le choix est toujours donné entre deux électromoteurs de 45 ch et 65 ch. Mais ce dernier n’est plus l’apanage de la version Extreme, une finition intermédiaire Expression s’intercalant désormais entre la finition d’entrée de gamme Essential et le haut de gamme précité.

La batterie de 26,8 kWh est toujours de la partie et Dacia annonce une autonomie de 220 km pour sa mini-citadine, qui affiche toujours un poids inférieur à la tonne : 986 kg, soit seulement 6 kg de plus que la Ph.1. Au vu de l’embourgeoisement de l’habitacle, c’est miraculeux. Et un autre miracle se profile.

En effet, Dacia a annoncé que la Spring demeurerait le BEV le plus accessible du marché. Ses tarifs seront dévoilés dans les prochaines semaines, au moment de l’ouverture des commandes, pour une commercialisation au cours de l’été.

Mehdi Labboudi / Les Inspirations ÉCO AUTOMOBILE


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